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Le 03/07/2009 à 19:43 | Mis à jour le 04/07/2009 à 08:49
 

Tennis - Wimbledon

Roddick, la prime à l'audace

Toujours aussi puissant au service et aujourd'hui plus complet dans le jeu, Andy Roddick a fait triompher l'audace contre Andy Murray (6-4, 4-6, 7-6, 7-6). Pour la troisième fois dans sa carrière, l'Américain va retrouver Roger Federer en finale de Wimbledon.
La réaction étonnée d'Andy Roddick juste après avoir battu Andy Murray. (REUT)
La réaction étonnée d'Andy Roddick juste après avoir battu Andy Murray. (REUT)

Après Andy Murray et son chien, Andy Murray et sa maman Judy, Andy Murray et sa fiancé Kim, Andy Murray et ses muscles, les journaux britanniques se retrouvent orphelins avec la défaite (6-4, 4-6, 7-6 [7], 7-6 [5] en 3h07') du héros national. Un homme les a privés de la venue de la reine dimanche sur le central : Andy Roddick. Dans l'euphorie, certains tabloïds avaient presque oublié que l'Américain a été finaliste à Wimbledon en 2004 et 2005 et a déjà conquis un titre du Grand Chelem à l'US Open en 2003. Sa victoire ne doit rien au hasard. «On ne revient pas en finale de Wimbledon par accident», lance l'Américain, très ému après sa victoire.

Le sixième mondial allie désormais la force de l'expérience avec un jeu beaucoup plus complet grâce à son nouvel entraîneur, Larry Stefanki. «J'ai bien joué. Si on regarde les statistiques, j'ai frappé plus de points gagnants (76) que commis de fautes directes (59), j'ai réussi beaucoup d'aces (25). Je suis sûr que nous sommes très proches dans le nombre de points (141 contre 143), énumère le troisième mondial, arrivé juste après son match en conférence de presse. C'est juste quelques points que je n'ai pas concrétisés ici ou là sur son service. Et il a très, très bien servi.» Mais les statistiques ne disent pas tout du match. Délesté de quelques kilos et beaucoup plus solide en revers, Andy Roddick montre un nouveau visage cette saison et son audace a terrassé l'Ecossais, parfois un peu trop passif malgré ses dires.

Quand un journaliste lui demande s'il s'imagine soulevant le trophée, Andy Roddick répond en riant : «Je l'ai déjà fait de nombreuses fois.»

Ce n'est plus l'ace qui fait l'homme. Bien sûr, le service de l'Américain demeure une valeur sûre (21 aces et surtout 75% de premières balles) à l'image des deux tie-breaks. L'Américain reste le maître dans les jeux décisifs avec son arme massue. Lors du dernier tie-break, il envoie cinq premières balles à plus de 200 km/h sur six services ! Cette saison, il a remporté 26 tie-breaks sur 30. Au-delà du service, il agresse constamment Andy Murray, mis sous pression par des montées au filet incessantes de son adversaire (75 montées dont 48 gagnantes). Son revers, grosse faiblesse par le passé, est devenu suffisamment solide pour réussir des retours gagnants décroisés et réaliser des montées en slice convaincantes. Ses volées sont moins aléatoires et ses approches très variées. « Je suis beaucoup monté au filet. J'ai beaucoup varié mes approches. Je sentais que je jouais le coup juste. C'est probablement la meilleure chose que j'ai faite aujourd'hui : venir au filet derrière de bonnes approches, se félicite le 6e mondial. Contre Andy, si on ne monte pas derrière de très bonnes approches, on est passé à chaque fois.»

Ses progrès technique et physique lui permettent de mettre sous pression Andy Murray. Il sait qu'il est toujours délicat de tirer un passing dans un moment clé. Il connaît la pression et les effets dévastateurs du mental sur le bras. Avec un pourcentage de premières balles trop faible (52% au total, 45% au premier set et 46% au quatrième), le Britannique se retrouve en danger car sa deuxième balle est bien trop faible (aux alentours des 130 km/h). Devant son public, toujours très respectueux, il essaie de miser sur les variations, mais sa stratégie ne fonctionne pas. La balle de match représente un parfait résumé de la rencontre. Andy Murray sert à 201 km/h, ne suit pas au filet, voit le retour de revers en cloche d'Andy Roddick atterrir dans le court et engage l'échange. L'Américain reprend le contrôle du point, suit son attaque de coup droit au filet et peut s'agenouiller quand le passing de son adversaire échoue dans le filet. Il a osé, il a gagné. La reine ne sera pas là dimanche, mais le roi Federer l'attend sur le court central. Quand un journaliste lui demande s'il s'imagine soulevant le trophée, il répond en riant : «Je l'ai déjà fait de nombreuses fois.»

Sophie DORGAN, à Londres

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