A quelques heures de prendre part à sa troisième finale en Coupe Davis, l'Argentine a toutes les cartes entre les mains pour soulever son premier Saladier d'argent. Non seulement elle affrontera à partir de vendredi une Espagne amputée de Rafael Nadal, mais l'équipe emmenée par David Nalbandian (Photo L'Equipe, avec son capitaine Alberto Mancini) et Juan Martin Del Potro est intrinsèquement mieux classée. Elle jouera également à domicile, à Mar del Plata. Des avantages non négligeables.
Les plus superstitieux pourront s'appuyer sur cette statistique : l'Espagne a déjà remporté deux fois la Coupe Davis. D'abord en 2000, puis en 2004. Quelques mois après la médaille d'or décrochée par Rafael Nadal aux JO de Pékin, ils pourraient se dire que les années olympiques portent chance aux joueurs ibériques. Les moins sensibles à ce genre de signe diront eux que l'Espagne se déplace en Argentine considérablement affaiblie par l'absence de Rafael Nadal (genou), année olympique ou pas. En l'absence du n°1 mondial, David Ferrer (n°12 à l'ATP) sera un pâle leader au regard de sa fin de saison bien famélique. Et sa première opposition face à David Nalbandian (n°11) vendredi (16h00) donnera le ton.
Habitué de l'épreuve (20 matches depuis 2002) et en forme en cette fin d'année (vainqueur à Stockholm, finales à Bâle et Paris), "El Rubio" partira favori. L'autre leader sud-américain sera Juan Martin Del Potro (9e), opposé à Feliciano Lopez (n°31), préféré à Fernando Verdasco. «Cela a été un choix difficile, mais Feliciano a montré plus de choses à l'entraînement» a expliqué le capitaine Emilio Sanchez. Concernant le grand Argentin d'1,98 m, ses soucis de santé aux ongles de pied sont mis entre parenthèses. «Je sens doucement que je vais mieux» a rassuré le joueur de 20 ans, éliminé en phase de poules au Masters de Shanghai. « Et je suis en train de m'habituer doucement au court». Contrairement à d'habitude, c'est sur moquette et en salle que les hommes d'Alberto Mancini recevront leurs cousins latins, et non sur terre battue. D'abord de crainte (effacée) d'essuyer les lifts de Rafael Nadal, mais également pour faire parler les qualités de joueurs "multi-surfaces" de Nalbandian et Del Potro.
De plus, la formation argentine complétée par Agustin Calleri et Jose Acasuso pourra s'appuyer sur les 11 000 supporters contenus dans l'enceinte du Stade Islas Malvinas. Pour les amateurs de statistiques, voire les superstitieux, 62 des 95 finales disputées depuis 1900 ont été remportées à domicile. En cas de victoire, la fête serait d'autant plus belle pour l'Argentine, qui accueille pour la première fois une finale de l'épreuve. D'abord, elle ferait oublier ses deux dernières défaites en finale face aux USA (en 1981) et à la Russie (2006). Ensuite, elle effacerait ses deux revers précédents contre l'Espagne (1926 et 2003). Enfin, elle lui permettrait de trôner tout en haut du classement des nations de Coupe Davis, là où l'Espagne ne figurerait que 2e en cas de succès.

