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WIMBLEDON

Demi-finales hommes

Vendredi 04 juillet 2008
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ILS ONT RENDEZ-VOUS AVEC L'HISTOIRE
Par Alexandre QUEYROY

La finale idéale aura bien lieu dimanche, pour la troisième année consécutive, entre Roger Federer, tombeur de Marat Safin (6-3, 7-6 [3], 6-4), et Rafael Nadal, vainqueur de Rainer Schüttler (6-1, 7-6[3], 6-4), sous les yeux de Björn Borg. L'un peut dépasser le Suédois en s'imposant pour la sixième fois de suite, l'autre peut l'égaler, 28 ans après, en réalisant le doublé Roland-Garros - Wimbledon.
Roger Federer jouera une sixième finale consécutive à Wimbledon, dimanche. (Reuters)
 
Roger Federer jouera une sixième finale consécutive à Wimbledon, dimanche. (Reuters)

Federer jamais menacé

Bousculés par Novak Djokovic au premier trimestre, Roger Federer et Rafael Nadal ont confirmé leur emprise sur le tennis mondial, en se retrouvant en finale de Roland-Garros puis de Wimbledon trois années de suite, ce que seuls Becker et Edberg avaient déjà réussi, entre 1988 et 1990 sur le gazon londonien, déjà. L'Espagnol a réussi à rester maître à Paris, et le Suisse tentera d'en faire de même dans son jardin. Pour sa 16e finale en Grand Chelem, Federer tentera d'être le premier joueur de l'ère Open à s'imposer six fois de suite dans le tournoi. Il a déjà égalé la performance de Björn Borg, qui avait enchaîné cinq titres d'affilée (1976-1980) et perdu en finale à sa sixième tentative, contre John McEnroe, soit 41 victoires à la suite. Un succès lui permettrait aussi de revenir à une longueur de Pete Sampras au nombre de titres à Wimbledon (6 contre 7) et en Grand Chelem (13 à 14).

Contre Marat Safin, battu (6-3, 7-6 [3], 6-4), Roger Federer a signé son 65e succès de suite sur gazon et n'a toujours pas perdu un set de la quinzaine. Le Suisse n'a jamais été en difficulté face à un adversaire qui disputait sa première demi-finale dans le tournoi, après trois saisons mornes, et ne donnait pas l'impression de vraiment croire en ses chances. Safin a bien jeté sa raquette en fin de rencontre mais sans parvenir à la casser. Le roi du gazon a su rester hors de portée du Russe, et élever son niveau de jeu quand il le fallait. Il n'a ainsi eu à sauver que deux balles de break, et encore dans le même jeu au début du deuxième set. Après les avoir sauvées, il a profité d'un début de tie-break calamiteux de Safin (trois fautes en revers, un ace de Federer) pour rafler la mise (7 points à 3). Et il a réalisé le break dès le deuxième jeu du premier set, puis à 5-4 dans la troisième manche, en appuyant ses coups contre un Safin toujours en délicatesse sur gazon, notamment dans le déplacement. Federer n'a même pas eu besoin de monter au filet dans le premier set, tant sa domination dans l'échange était nette.

A la sortie du court, Federer pouvait savourer cette victoire express, qui lui offre une revanche un mois après sa lourde défaite en finale de Roand-Garros : «Certains journalistes ont écrit trop tôt sur mon déclin. Ma partie de saison commence à peine.» Mais le Suisse est bien conscient de ne pas avoir levé tous les doutes sur son jeu : «Je n'ai pas eu trop de problèmes jusqu'à présent, ça a été un chemin parfait vers la finale. Mais je n'ai peut-être pas été poussé assez pour pouvoir dire que j'ai joué le meilleur tennis de ma carrière.» Il a ainsi laissé passer plusieurs occasions d'abréger les débats face à Safin, et commis des erreurs inattendues de sa part à la volée. Il a su profiter de l'incapacité de Safin à inverser le cours de l'échange quand il est en défense. La tâche s'annonce plus compliquée en finale, contre un Rafael Nadal autrement plus convaincant pour contre-attaquer.

Nadal a révélé des faiblesses

Tout comme Federer, Rafael Nadal n'a pas lâché de set en demi-finales, face à Rainer Schüttler (6-1, 7-6[3], 6-4). A priori, ce match n'était pas le plus compliqué de la quinzaine pour l'Espagnol, face à un adversaire seulement 94e mondial, sans résultat notable en Grand Chelem depuis 2003, et qui n'avait pas bénéficié de journée de repos après sa victoire marathon contre Arnaud Clément la veille. Effectivement, l'entame de match a tourné au calvaire pour l'Allemand, totalement débordé par Nadal, qui le baladait de son puissant coup droit lifté avant de porter l'estocade (6-1). Mais Schüttler a eu le mérite de s'accrocher. Ses prises de risques, combinées à quelques fautes directes de Nadal, lui ont permis de servir pour le set à 5-4. Quand son adversaire joue dans le court et lâche ses coups, l'Espagnol ne parvient pas toujours à couvrir son terrain sur une surface aussi rapide. Une faiblesse qui n'a pas dû échapper à Federer. Mais l'Allemand a révélé des limites mentales déjà aperçues contre Clément au moment de conclure, et Nadal en a profité pour égaliser, empocher le tie-break puis le troisième set (6-3).

«Ce n'était pas aussi bien qu'en quart. Mais en demie, il y a plus de pression, a confirmé l'Espagnol. J'ai eu un premier set facile. Mais quand il a commencé à bien jouer, c'est devenu un peu étrange. Le plus important est fait : je suis en finale.» Nadal a même commis un lapsus qui en dit long sur le respect qu'il voue à Federer : «Il est le meilleur joueur de l'histoire, même si Sampras a gagné sept fois ici alors qu'il en est à six... Euh non, cinq...»

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