«Nous n'avons aucun sentiment d'infériorité.» «Ne soyons pas impressionnés par l'adversaire et démontrons que nous avons les moyens de nous confronter à de telles équipes.» Les déclarations d'avant-match des Lillois ont pris tout leur sens au Stadium Nord, ce jeudi, en 8es aller de la Ligue Europa. Liverpool est un club mythique, d'accord. Il mérite le respect, OK. Une fois qu'on a dit cela, il est temps de laisser place aux actes et au jeu. Dans un stade plein comme un oeuf mais sur une pelouse déplorable, les Dogues avaient les crocs. Ça s'est senti, et surtout, ça s'est vu.
58,36% des équipes ayant gagné 1-0 à domicile en Coupe d'Europe, depuis 1970-71, se sont qualifiés pour le tour suivant.
A vol d'oiseau, la ville du Nord-Pas-de-Calais est moins éloignée de Londres que de Paris. Ce jeudi, dans l'engagement, l'intensité et la faculté à ne pas laisser respirer son adversaire, Lille s'est montré bien plus proche d'un club jouant le haut de tableau en Premier League que d'une équipe visant le top 5 en France. Durant leur entame de partie tonitruante, puis en seconde période, les Dogues ont malmené, bougé et bousculé Liverpool. Ils ont su se montrer patients et insister jusqu'à trouver l'ouverture en fin de partie. Et c'est Eden Hazard, étincelant toute la rencontre, qui a récompensé les siens sur un coup franc lointain (84e). Un tir fuyant et insaisissable pour tout le monde, y compris pour Pepe Reina, surpris et battu. Avec un peu plus de réussite, les Lillois auraient même pu inscrire un second but, si la volée d'Aubameyang ne s'était pas écrasée sur le poteau (87e).
Face au LOSC, Rafael Benitez voulait voir «le vrai Liverpool». Le manager des Reds a été en partie entendu. En partie seulement. Pitoyables lundi face à Wigan (0-1), les Scousers ont retrouvé du mordant dans le Nord. En première période, au moins. Sans un (très) grand Mickaël Landreau, auteur de parades décisives face à Babel (25e) et Torres (41e), les Liverpuldiens auraient pu mener au repos. Mais si certains joueurs comme Carragher ont mis en pratique le souhait de leur coach, ce n'est pas le cas de tous. Et surtout pas de Steven Gerrard. Le capitaine du club anglais a traversé la rencontre comme un fantôme. Transparent, peu ou pas concerné par les débats, le célèbre numéro 8 n'a été que l'ombre de lui-même. Il faut dire que des Dogues affamés, la bave aux lèvres, la gueule grande ouverte et les crocs aiguisés, ça a de quoi faire peur. - Thomas SIMON

Comme chaque jour, retrouvez la chronique vidéo de Didier Roustan. Pour sa dernière de la...
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