Une domination quasi permanente. Des occasions à la pelle. Mais un adversaire qui s'appelle l'Allemagne. Et qui a encore gagné à une minute de la fin (1-0). Les Bleuets ne verront pas la Suède en juin 2009 et Erick Mombaerts est frustré.
«Erick Mombaerts, la désillusion est immense...
Oui. Et je ne sais trop quoi dire... On a de très nombreuses occasions, des un contre un, des deux contre deux. On ne peut pas rêver mieux. Et on ne marque pas. Il faut dire aussi que le gardien allemand (Ndlr : Manuel Neuer) a sans doute réalisé le match de sa vie. Mais cela n'explique pas tout. On a manqué de réalisme, c'est flagrant.
L'Allemagne dominée et qui marque à la fin, c'est pourtant un grand classique. Vous n'avez pas craint ce scénario à un moment ?
Non, pas vraiment. Même si, en tant qu'entraîneur, je sais parfaitement que si on ne tue pas les matches alors qu'on en a les moyens, on s'expose à ce genre de défaite. Quand on ne marque pas, tout peut arriver... Mais on avait les cartes en main. Lloris n'a quasiment pas eu de travail ce soir. Si encore le match avait été équilibré, la défaite aura été plus compréhensible. Mais aujourd'hui, le rapport de forces nous était assez largement favorable.
Un but qui semble résulter d'un manque de rigueur défensive...
Je n'ai pas vu grand-chose sur le coup. Il y a un décalage, un contre favorable au buteur allemand (Ndlr : Benedikt Hoewedes). Mais il y a une erreur quelque part, cela semble évident. Et puis, sans chercher d'excuses, nous n'avons pas été épargnés par les blessures. La veille du match, Dabo se blesse à la dernière minute du dernier entraînement. Et aujourd'hui, on perd Younes Kaboul après vingt minutes. Pour faire du coaching, ce n'est pas la situation rêvée...
Êtes-vous surpris par le manque de réalisme de vos attaquants ?
Non, car ce sont des choses qui arrivent, même aux bons attaquants.... Je ne suis pas en colère, mais vraiment frustré. Car si on analyse les deux rencontres, il n'y vraiment pas photo entre les deux équipes. La France méritait d'aller à l'Euro, mais elle n'y va pas.
A la mi-temps, devant le manque de réalisme, avez-vous essayé de recadrer les choses ?
On a discuté. En première mi-temps, on voulait peut-être chercher trop de situations faciles. Ensuite, on a su se créer des occasions très franches.
Le coup est préjudiciable pour cette génération qui ne disputera pas l'Euro...
Pour cette génération, c'est en effet quelque chose qui est difficile à encaisser. Pour des joueurs comme Cabaye, Matuidi, Kaboul ou Ballaïd cela aurait été important de disputer cet Euro, pour gagner en expérience. Le football français a besoin de disputer des grands tournois dans les catégories de jeunes. On sait que c'est difficile d'aller à l'Euro. La France reste sur le carreau, ça aurait pu être l'Allemagne. Une grosse nation de football allait de toute manière être éliminée. Mais je suis fier d'avoir travaillé avec cette équipe. On y a cru. Après le match, dans le vestiaire, la déception et la tristesse des joueurs étaient énormes...»
Recueilli par Alexis BILLEBAULT (Ã Metz)

