Les sifflets contre la Marseillaise deviennent une affaire politique. Nicolas Sarkozy a convoqué Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football ce mercredi à 13h00, à la suite des «scandaleux incidents survenus (mardi) soir au Stade de France», où La Marseillaise a été sifflée, a annoncé l'Elysée. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, sera présente, ainsi que Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des Sports. Ce dernier a suggéré sur RMC que l'équipe de France ne joue plus contre les équipes du Maghreb au Stade de France. «Arrêtons d'être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, tout simplement», a dit le secrétaire d'Etat. Un peu plus tôt, sur RTL, le Premier ministre François Fillon, avait jugé «insultant» le fait que l'hymne national ait été sifflé avant France-Tunisie, estimant qu'il faudrait dans de tels cas «interrompre les matches». Par la voix de son vice-président, Noël Le Graët, la FFF avait marqué son désaccord avec une telle option, estimant que «c'est toujours une erreur de ne pas jouer».
Réactions en chaîne
Outre l'Elysée et Matignon, les sifflets du Stade de France ont provoqué de très nombreuses réactions politiques, de l'UMP, du PS du PCF et du Front National en particulier. Julien Dray, le porte-parole du Parti socialiste, s'est dit d'accord avec François Fillon pour «interrompre les matches» dans de tels cas. «Ce qui me choque (...) c'est qu'il ne se passe rien : l'encadrement, l'équipe de France, les autorités de la Fédération ne prennent pas la mesure de ce qui vient de se passer», a-t-il dit sur i-Télé. Jean-Marie Le Pen, président du Front national (FN), a jugé que les sifflets montraient l'«échec», parce que c'est «une utopie», de «l'intégration de masses étrangères à notre culture». Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti Comuniste et ancienne ministre des Sports, a évoqué pour sa part sur France Inter «la souffrance de ces hommes et de ces femmes qui quelque part expriment qu'ils ne se sentent pas bien chez nous». Mardi soir, Frédéric Lefebvre, l'un des porte-parole de l'UMP avait relevé qu'«en sifflant les Bleus, c'est aussi des jeunes Français d'origine tunisienne ou algérienne qui sont sifflés.»
Le rendez-vous de l'Elysée a bouleversé l'agenda du président de la Fédération. La réunion du Conseil fédéral consacrée à la question du maintien de Raymond Domenech a été écourtée. Jean-Pierre Escalettes, qui devait s'exprimer devant la presse à 12h30 a finalement annoncé le maintien du sélectionneur peu après 11h30. Avant de quitter le siège de la FFF 15e arrondissement, pour le palais présidentiel, rue du Faubourg St-Honoré, dans le 8e. (Avec AFP et C. Ro., à la FFF)

