SCHUMI PRENOM STEFAN
Par Stéphane BITTON (à Cholet)

SUR LE MÊME SUJET
 Les réactions
 Le classement de l'étape
 Le classement général
 La réaction de Schumacher
 L'oeil du consultant
 Le film de l'étape
 Tout sur le Tour de France
 L'étape précédenteLa hantise du coureur
S'il est un exercice particulier dans la panoplie du coureur cycliste, c'est bien celui du contre-la-montre. Ses spécificités lui ont donné ses lettres de noblesses. Et depuis 1994, un championnat du monde récompense les meilleurs spécialistes de la discipline. Les uns l'appellent le contre-la-montre, les coureurs préfèrent le nommer « chrono ». Peu importe les soucis de sémantique et comme le résume si bien Jean-François Bernard, notre spécialiste : « La première chose à savoir, c'est que le contre-la-montre est la hantise du coureur, qu'il soit bon ou pas dans cet exercice, il y a toujours une forme de danger. » Le décor est planté. Et à voir la mine des coureurs ce matin à l'hôtel, l'ami Jeff avait vu juste. Et de poursuivre. Même un spécialiste de l'exercice ne sait pas s'il va « être mal » ce jour-là . Ça arrive à tout le monde d'être « moins bien » même quand on est un champion. C'est d'ailleurs la première peur du coureur. Mais chacun peut y trouver son compte. Les spécialistes se battent pour la gagne, les autres pour ne pas être éliminés.
La tête et les jambes
Tout est dans la tête et un peu dans les jambes. Un c-l-m, son autre appellation, commence dès la veille, quasiment à la fin de l'étape précédente. La grande angoisse, c'est d'être éliminé et de rentrer à la maison. Tous les ans des coureurs sont sortis dans cet exercice à «hauts risques». J'ai une anecdote à vous raconter. Un jour, dans un c-l-m, Miguel Indurain crève à trois kilomètres de l'arrivée, s'il ne se produit pas cet incident, il met « hors course » son frère Prudencio, qui termine dernier du chrono ! Pas évidente l'ambiance au repas dominical suivant. Moralité, il vaut mieux mettre tous les atouts de son côté et appliquer les 4 commandements. 1. Tu dois aller reconnaître le parcours. 2. Tu dois faire pratiquement un tour et si tu peux tout le parcours. 3. Tu retournes à l'hôtel. 4. Tu manges et après, c'est une histoire de concentration. Amen.
Finalement, c'est une journée pour les coureurs moyens. Ils savent qu'ils vont rentrer dans les temps et n'ont pas besoin de tout donner. Paradoxalement, un très bon coursier peut tout perdre s'il est dans un jour sans. Il faut que tout soit en harmonie pour faire un grand chrono. Si dans le final tu sens que tu as « encore les chevaux », il faut y aller. La grande leçon : « Ne jamais être dans le rouge et toujours flirter avec la limite. » Tout un programme.
L'autre « Schumi »
Un programme respecté à la lettre par Stefan Schumacher (Gerolsteiner), en tête à tous les pointages, et qui a survolé la quatrième étape. Une performance qui permet à l'Allemand d'endosser un Maillot Jaune, resté 24 petites mais belles heures sur les épaules du Français Romain Feillu (Agritubel). Le nouveau leader du classement général a devancé le Luxembourgeois Kim Kirchen (Team Columbia) et l'Ecossais David Milar (Garmin-Chipotle) de 18 secondes et la grande déception du jour, Fabian Cancellara (Team CSC) de 33 secondes. Le premier Français, Sylvain Chavanel (Cofidis), se place à une très honorable 13e place (à 1'08''). Mais ne nous trompons pas, la bonne affaire du jour est à mettre à l'actif de Cadel Evans (Silence-Lotto), 4e à 27'' et mieux classé des prétendants à la victoire finale. En embuscade, Denis Menchov (Rabobank) ne perd que sept secondes sur l'Australien. La bataille promet d'être belle.




















