Si loin, si proche, le basket belge est un voisin très méconnu. Sa première division, l'Ethias Ligue, reste peu médiatisée en France, bien qu'elle ait apporté de solides joueurs à la Pro A (Struelens, Lauwers) et que d'autres aient fait le chemin inverse (Akpomedah, Souchu). «Les deux ou trois premières équipes pourraient largement jouer en Championnat de France et Charleroi pourrait y gagner un titre», estime le manager de l'équipe nationale, Jacques Ledure. Plus globalement, l'absence d'un joueur marquant en NBA, d'un club en Euroligue ou de présence à l'Euro pour les Lions depuis 1991 ne favorisent pas la reconnaissance du basket belge. Pire, la sélection a été marquée par le passé par une ambiance délétère. «Ca a été un peu notre problème, ca ne se passait pas toujours bien à l'intérieur du vestiaire mais ca a évolué depuis trois ans avec un nouvel entraîneur, un nouveau souffle et des joueurs qui on envie d'être ensemble», explique l'arrière Dimitri Lauwers, qui évoluera la saison prochaine à la Virtus Bologne.
«Nous sommes de nouveau là »
Jacques Ledure et le sélectionneur Eddy Casteels sont à l'origine de ce vent nouveau. «Quand j'ai commencé avec cette équipe là , on devait trouver un onzième et douzième joueurs, explique Casteels, également coach d'Anvers. Trois années plus tard, nous sommes de nouveau là avec une sorte de fierté, une ambiance et une mentalité où on veut de nouveau jouer pour l'équipe nationale. C'était ça notre premier but. Le deuxième : apporter une organisation et une structure beaucoup plus professionnelle autour de l'équipe. La troisième enfin : rajeunir.» Cinq joueurs parmi les douze qui doivent affronter la France ont 22 ans ou moins, et parmis eux, les deux grands espoirs du pays, le meneur de Charleroi Jonathan Tabu et le futur arrière de Pesaro Sam von Rossom. Avec Lauwers, ils offrent des promesses à l'extérieur, qui font dire à Casteels que l'équipe de France sera compétitive mercredi si «les shoots à trois points tombent», alors que la raquette souffre des forfaits de ses trois joueurs les plus cotés. La star Alex Hervelle, qui est «la même chose pour la Belgique que Tony Parker pour la France», est retenue par le Real Madrid à cause d'une blessure à un genou, le pivot d'origine congolaise Didier M'Benga est forfait car il n'a pas encore resigné avec les Los Angeles Lakers, où il jouait peu, et l'ancien pivot du CSKA Moscou Thomas Van den Spiegel n'est pas motivé.
Mais pour Casteels, «comme je l'ai entendu aussi de la France, je continue de parler de ceux qui sont là ». «Ca manque cruellement de talent et de puissance intérieure mais c'est une équipe qui tient la route, cohérente, soudée, sans jalousie ou histoire communautaire», résume Stéphane Druart, journaliste du quotidien Le Soir. Au fil des trois semaines et onze matches de préparation (!), les Lions ont obtenu quelques succès encourageants, par exemple en Israël (91-80). Mais l'objectif reste modeste : «Nous ambitionnons deux victoires et la troisième place, synonyme de présence au repêchage, dont le vainqueur disputera l'Euro, en espérant alors pouvoir compter sur Axel Hervelle», explique Jacques Ledure. Même s'ils ne partent pas battus à Nancy, ces deux succès seront probablement plus accessibles contre l'Ukraine. En 2007, les Ukrainiens avaient d'ailleurs été battus deux fois par les Belges - avec Hervelle - lors du tournoi de repêchage (70-45 et 72-69) et les Lions n'avaient été éliminés qu'au point average. Cette année, «on a suivi la préparation de la France et on s'est dit pendant plusieurs semaines qu'il y avait un beau coup à jouer, confie Stéphae Druart. Mais vu l'arrivée de Parker, on s'est dit que c'était foutu.» Xavier COLOMBANI, à Nancy

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