CE QUE CHANGE PARKER
Par Xavier COLOMBANI, Ã Nancy

UN REMODELAGE DE LA LIGNE ARRIERE
Quand Parker a annoncé son retour le 21 août, cela ne pouvait être que positif. Encore fallait-il que cela ne destabilise pas un groupe qui se préparait depuis un mois. Faux problème : cette équipe de France était déjà en évolution permanente, renacler devant un tel renfort était impossible et, enfin, qui pouvait en vouloir à TP d'arriver tard alors que son forfait initial n'avait pas été sujet à reproche ? Mais il y avait d'un coup quatre meneurs, au moins un de trop. «La venue de Tony a mis un doute dans la tête de tous les meneurs, confie Steed Tchicamboud. J'ai un peu le même profil de scoreur que Tony... mais lui, c'est le niveau un peu plus haut... C'est vrai que je me suis posé des questions. En fait (Michel Gomez) a voulu prendre un scoreur en deuxième meneur, donc ça se jouait plutôt entre Yannick (Bokolo) et Marco (Pellin).» Ce dernier est resté sur la touche et Bokolo précise qu'il est «plus décalé du poste 1 (meneur) au poste 2 (arrière) depuis que Parker est là .» Résultat, Gomez s'est séparé il y a une semaine de son arrière shooteur remplaçant, Thomas Dubiez.
UNE AUTRE MENTALITE
Une fois l'effectif reconfiguré, il fallait réintégrer le joueur et l'homme. Pour de nombreux Bleus actuels, évoluer avec un tel personnage du basket international peut avoir un effet inhibant. Mais cela doit apporter une plus grande sérénité, voire de l'excitation. D'autant que Tony Parker n'est pas genre à chercher des problèmes là où il n'en voit pas. «On s'adapte au feeling, on est tous pros et on sait comment jouer au basket», résume-t-il. Pour Claude Marquis, «ce qui nous rassure, c'est qu'il arrivé en forme. C'est un gros soutien pour nous, un gros apport aussi. Psychologiquement, on est plus rassurés». «Il parle beaucoup, ça rapproche tout le monde et ça nous permet d'être mieux sur le terrain», ajoute Williams Soliman. A Riga, le groupe a élu Tony Parker capitaine, avec Ronny Turiaf comme vice-capitaine. Reste pour le joueur des Spurs à digérer les systèmes et la méthode Gomez, ce qui nécessite un laps de temps insécable. Il y a aura forcément un déficit sur ce point mais avec trois titres NBA et quatre Euros dans les jambes, TP n'est plus un rookie.
UN FORMIDABLE ATOUT OFFENSIF
«Je ne sais pas si on était monté à 90 points avant qu'il arrive», se demandait Yannick Bokolo dimanche. En fait, les Bleus avaient inscrit 92 points contre la Lettonie juste avant, leur premier passage au dessus des 76 unités. A Riga, ils en ont inscrit 90, 84 et 89. Par le passé, les Bleus ont parfois oublié de jouer pour le regarder jouer. «Quand vous avez un joueur qui est tellement au dessus de l'autre, c'est une réaction humaine classique de lui donner la balle et de lui dire à un moment : si t'es si fort, vas-y, débrouille toi», résume Ronny Turiaf. Mais il ajoute : «un joueur comme lui aide les autres, ca rend la vie plus facile.» «Le plus qu'apporte Tony, c'est surtout la lecture de jeu dans les systèmes. Avec son expérience, il voit les petites détails. Et la prise en main sur l'équipe», pense Williams Soliman. Le retour de Parker aurait pu faire rentrer dans le rang Nando De Colo, leader d'attaque en son absence. Ce n'est pas le cas : le Choletais restait sur cinq matches à plus de dix points. Il en a rajouté deux à Riga. Ils se complètent, plus qu'ils ne se remplacent.
UN CENTRE D'INTERÊT EVIDENT
Dimanche, pour trouver trâce d'une balle orange à Nancy, il fallait aller aux playgrounds de la Pépinière, le parc qui longe la place Stanislas. On pouvait y voir Kadour Ziani, le dunkeur le plus connu de l'Hexagone, habitué du lieu, mais aussi un tournoi organisé en dernière minute, en partenariat avec le SLUC. «La présence de Parker, ça change tout», résume Mohammed Marrakchi, le coordinateur du Challenge Batigère, l'organisateur. Le même jour, au point presse des Bleus, les joueurs ont été envoyés vers des tables, Tony Parker vers la tribune. Et les demandes des rédactions à leurs journalistes ont souvent été claires : du "Parker" en quasi exclusivité. Pour les sponsors comme Dodge, qui organisait une séance photos à Gentilly, la présence d'un nom tellement identifiable, est une aubaine. Et dans toutes les conversations entre amateurs, tout d'un coup, on loue la mentalité de TP, son «amour du maillot national», au pire on s'étonne, mais on ne chambre plus trop cette drôle d'équipe d'inconnus. Les exemples sont multiples : le retour de Parker change (un peu) la vie.














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