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Par Xavier COLOMBANI, Ã Nancy.

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Nancy, dimanche, 15h15. Les démineurs descendent fissa la rue Gambetta, sirène hurlante. Un sac abandonné a poussé la police à vider un quart de la place Stanislas. Depuis samedi, d'autres démineurs sont arrivés en ville. Ils sont douze, sans compter le staff. Le colis suspect a été posté un an plus tôt et doit être manié avec d'immenses précautions. En terminant huitième de l'Euro 2007, l'équipe de France s'est mise elle même dans l'embarras, s'obligeant à jouer son avenir jusqu'en 2011 en 17 jours et six matches. Voilà six semaines qu'elle se prépare à cette tâche délicate, où la menace d'un funeste échec s'est substitué aux rêves de titre. Un mois et demi de va et viens, d'espoir déçu (la venue de Diaw), de belle surprise (le retour de Parker), de déception (l'échec des "Roannais" Badiane et Pellin) et de révélation (le maintien des Vichyssois Gradit et Soliman). Au prix d'une ambiance un peu particulière à en croire Yannick Bokolo : «C'est la première fois que je n'ai pas senti la concurrence comme d'habitude. Personne ne se mettait vraiment la pression.» Le fait que le sélectionneur puisse changer de joueurs entre les matches de qualification, au delà des douze de base, modifie la donne puisque «rien n'est acquis» jusqu'au bout, rappelle Claude Marquis.
Quatre victoires - six défaites
En bout de préparation, cela donne un bilan ardu à décrypter. Les joueurs ont disputé un nombre de matches très aléatoire, de dix pour Marquis, Tchicamboud et Soliman à trois pour Diawara et Parker. Michel Gomez a multiplié les rotations, seuls deux joueurs ayant franchi la barre des trente minutes sur un match, Tariq Kirksay et Nando De Colo, une fois chacun, d'où des moyennes statistiques non signifiantes. Le ratio de quatre succès pour six revers, faible a priori, doit être relu à cette aune et divisé en deux : cinq défaites pour débuter avec un groupe mi-incongru, mi-inexpérimenté, puis 80% de victoires avec un +21 (89-68) lors du dernier test face aux Tchèques en guise de verni. Le lourd revers contre les Lettons à Riga lors de l'avant-dernier match (84-67) interpelle mais «ce n'est pas vraiment inquiétant parce que ça s'est joué sur l'envie», estime Yannick Bokolo. A voir. «Ils avaient une revanche à prendre par rapport à nous (victoire des Bleus à Strasbourg, 92-66), poursuit-il. Comme ça faisait un match aller-retour, ça nous prévient pour les qualifs». «En Lettonie, (Gomez) a fait tourner tout le monde. A mon avis, il continuait à gérer, explique Tony Parker. Ce sera sur le premier match qu'on y rentrera vraiment.»
«La dernière ligne droite»
En arrivant à Nancy, les Bleus ont néanmoins pu sentir que le moment de vérité approchait. TP était là dès vendredi pour voir son frère TJ, champion de France avec le SLUC, à l'hôpital après son opération à un genou. Michel Gomez a retrouvé son groupe samedi avec du brutal, deux heures et demi de travail. «Les grosses séances d'entraînement c'est bien pour que tout le monde retrouve vite des sensations, surtout quand tu viens d'avoir deux jours de repos», apprécie Tony Parker. «Il faut effacer toutes les petites lacunes, les petites incompréhensions, explique Claude Marquis. On essaye de mettre la cohésion, que la mayonnaise prenne bien. Le coach cible beaucoup les côtés individuels. On sait maintenant qu'on est sur la dernière ligne droite, on est un peu excités par rapport à ca. On commence les grands événements.» «Je suis peut-être un peu plus concentré, dans le vif du sujet, mais ca reste loin parce que j'ai l'habitude d'enchaîner les matches tous les deux jours», notait Ronny Turiaf dimanche. «Gomez a déjà commencé à durcir le discours lors du dernier tournoi parce que c'était le dernier test», confie Yannick Bokolo. Rien de mieux cependant pour faire monter la pression que d'évoquer le futur adversaire. La Belgique devait être abordée à partir de lundi avec des séances vidéos. Mardi, seuls l'entraîneur et le capitaine (Parker) s'exprimeront et les qualifs auront déjà un peu débuté. Est-ce un heureux présage ? Mais dimanche, à 16h30, la place Stanislas avait retrouvé sa liberté. Le coli n'était pas piégé.



















