ILS AIMENT SE FAIRE PEUR
Par Xavier COLOMBANI, au Mans

SUR LE MÊME SUJET
 Statistiques et classement
 Gomez : «Aidez-moi...»
 Les réactions
 Tout sur les qualifs
 Les Bleues à l'EuroParker : «Des trois points de folie»
«Les victoires à l'arraché procurent encore plus de bonheur.» Certes, mais on ira pas jusqu'à remercier Stephen Brun et les autres parce qu'ils ont maintenu le suspense jusqu'au bout. Les Bleus possédaient quatorze points d'avance (76-62) à sept minutes de la fin, et cela rendait déjà suffisamment heureux comme ça. Il y avait tout dans ce joli matelas : l'assurance de la victoire, enfin cela semblait être le cas, un écart rassurant dans la lutte pour le meilleur quotient attaque-défense en cas de défaite contre la Turquie, samedi à Limoges, et la vision d'une défense enfin efficace sur plusieurs séquences d'affilée. Quand Tariq Kirksay interceptait deux fois et lançait Sacha Giffa, puis Ronny Turiaf en contre-attaque, c'était enfin la sortie du Bleu de chauffe à l'ancienne. Et la France en profitait pour s'échapper grâce à un 12-2 du plus bel effet dans la seconde moitié du troisième quart (de 49-49, 25e, à 61-51, 28e).
Et puis voilà : à la 33e minute, tout allait donc bien alors que 142 secondes plus tard, le grand Andriy Agofnonov avait l'occasion d'égaliser (76-75) sur un lancer franc. Comment a-t-on pu en arriver là ? Eh bien comme d'habitude, comme au match aller surtout, perdu d'un point (78-77) : sur une rafale de tirs à trois points. Et on ne peut pas dire que les Ukrainiens n'avaient pas prévenu puisqu'ils avaient déjà refait le coup dans le premier quart-temps, bouclé par eux avec quatre points d'avance (18-22) et un 4/6 de loin du plus bel effet, dont 3 /4 pour le petit et prometteur Kolchenko. Pour les Bleus, ces rafales de tirs primés, qui ressemblent hélas à de l'ordinaire, si l'on se souvient notamment du fatal France-Slovénie de l'Euro 2007, avaient pourtant le goût de l'extraordinaire. «Franchement, on ne peut pas dire qu'on s'est arrêtés de jouer. C'est eux qui ont mis des trois points de folie. Ils ne font même pas de systèmes, c'est un jeu très atypique, très difficile à défendre», a expliqué Tony Parker.
Merci Parker
«On se fait peur sur la qualité d'adresse des Ukrainiens, confirme Stephen Brun (11 points en 19 minutes), libéré depuis l'arrivée de Sacha Giffa, qui débute les matches à sa place. On avait le bras sur le joueur et il nous le mettait sur la tête. On savait que c'était leur qualité première.» N'est-ce pas justement la qualité première d'une défense que de cibler les forces de l'adversaire ? Surtout quand celui-ci est privé de son meilleur marqueur, Artour Drozdov, blessé ? Et que sa deuxième arme offensive, l'intérieur Serhiy Liscchuk, est lestée de quatre fautes dès la 22e minute ? Mais il est vrai qu'il y avait quelque chose d'irréel dans la faculté des Ukrainiens à être plus adroits au final à trois points (13/24) qu'aux lancers francs (12/23). Surtout que les Bleus avaient tout fait pour maîtriser la situation avec 18 passes décisives, eux qui étaient, avant ce match, les derniers dans ce secteur parmi toutes les équipes des qualifs. Seulement se passer la balle, c'est bien, mais la laisser à Tony Parker reste encore la panacée.
Avec 15 points dans le seul troisième quart-temps, Tony Parker a encore marqué le match de son empreinte. Et comme par hasard, c'est quand il n'a plus marqué que les Ukrainiens sont revenus. Et c'est quand il marqué son premier panier du quatrième quart-temps, à 1'30 de la fin, que les Bleus ont refait un écart (85-80) qui s'est avéré décisif. Et qui a pris le rebond défensif (alors que Ronny Turiaf était sorti pour cinq fautes) à 87-83 et 14 secondes à jouer ? Parker (25 points) bien évidemment, qui avait passé l'essentiel du deuxième quart-temps sur le banc. «J'ai enfin pu le reposer et la fin, il a des jambes de feu», a apprécié Michel Gomez. «Cette équipe doit être consciente de sa valeur», ajoute le sélectionneur. Elle n'a plus qu'un match face à la Turquie pour faire son introspection. Et si elle le remporte, elle sera à l'Euro. C'est aussi simple que ça et si elle perd, cela sera au contraire bien compliqué avec les calculs des quotients attaque-défense. «On va gagner !», assène Gomez. «On a un énorme match à jouer à Beaublanc contre l'ogre de la poule », résume Stephen Brun. Pour un bonheur simple ?



















