RIEN NE LEUR SERA DONNÉ
Par Xavier COLOMBANI

Un point c'est tout
«J'ai vu beaucoup d'équipes de France bien débuter les matches mais mal les finir», avait déclaré Michel Gomez après la victoire initiale contre la Belgique (82-63), mercredi à Nancy. Les faits sont venus confirmer ses dires, samedi à Kiev. Hormis un très bon passage des Français dans le troisième quart-temps, rien n'a ressemblé, lors de cette deuxième levée, à ce qui s'était passé trois jours plus tôt. A une large victoire marquée par un départ compètement raté, avec une gestion des hommes déroutante, et une fin en roue libre, mercredi à Nancy, a succédé une courte défaite avec un départ sérieux, en autogestion, et une fin âpre, mal négociée, samedi à Kiev. Seule bonne opération : les Bleus ont préservé le point-average, ce qui vaudra cher le samedi 20 septembre, quant ils recevront l'Ukraine au Mans lors de leur cinquième et avant-dernier match de qualifs. Sans présumer des résultats de Turquie-France et France-Belgique entre les deux, ce "match retour" se dessine comme la rencontre à ne pas rater.
Cette fois, les Bleus ont donc évité de se tirer une balle dans le pied au départ, construisant avec patience une avance de six points à la fin du premier quart-temps (25-19). Il aurait été fâcheux que l'inverse se produisit puisque le sélectionneur avait laissé le pouvoir à son groupe, lui demandant - suprême originalité - de désigner trois joueurs invariables dans le cinq majeur. Les trois élus, Tony Parker, instigateur de ce qu'on n'ose appeler une fronde, Nando De Colo et Ronny Turiaf, étaient bien sur le parquet à l'entre deux, flanqués de Yakhouba Diawara et Dounia Issa. Bonne inspiration de Michel Gomez car Issa et Ronny Turiaf (11 points dans cette période), par leurs rebonds offensifs, contribuaient au bel élan tricolore, marquée par une belle adresse à trois points (3/4 en dix minutes, dont 2/2 pour Parker). En face se présentait une équipe qui, ce fut rapidement visible, ne serait pas facile à estoquer en raison d'une circulation de la balle volontaire et efficace.
Des trous dans la défense
Et c'est là qu'on s'aperçoit de nouveau de la spécificité des qualifs, de leur infinie difficulté, avec un adversaire quasi invisible à scouter, dont on connaissait finalement plus la difficulté à rameuter ses joueurs majeurs et ses défaites inquiétantes en préparation que sa façon de jouer et ses armes du moment. C'est justement cette qualité de passe qui a mis progressivement en lumière les faiblesses de l'équipe de France. Les Bleus ont eu un mal fou à fermer les intervalles, à empêcher les Ukrainiens de générer de la vitesse sur jeu placé en basculant d'un côté à l'autre, en alternant intérieur-extérieur. Pour contrarier cette fluidité, les Bleus ont dû refermer l'intérieur. Résultat : une première rafale de trois tirs à trois points encaissés à la suite dans le deuxième quart-temps, de 31-28 (16e) à 35-37 (18e).Déstabilisés en défense, les Français ont été privés de jeu rapide, se reposant sur les qualités de percussion de "TP" pour mener de peu à la mi-temps (40-39).
On a cependant pu croire que tout cela était du passé quand les Français ont réussi à rendre plus propre leur défense dans le troisième quart-temps, évitant les fautes et passant un 12-2 entre les 23e et 27e minutes. Avec dix points d'avance (56-46), cela ressemblait au match contre la Belgique. Erreur : jamais les Ukrainiens n'ont lâché, revenant à égalité dix minutes plus tard (66-66) alors que la France venait de rester trois minutes sans marquer. Parker percutait mais les mouvements autour de lui devenaient rares. Puis ce fut le déluge : quatre tirs à trois points réussis à la suite par les Ukrainiens (75-73, 39e), une série au goût amer de France-Slovénie à l'Euro. Après un 2+1 (78-74, 36" de la fin) réussi par Serguey Lishchuk (18 points, marqueur ukrainien n°1), les Bleus sont revenus à trois points. Nando De Colo interceptait mais pardait la balle en se précipitant. Avec trois secondes à jouer (78-75), Parker avait deux lancers francs à tirer. Il fallait réussir le premier. Ce fut fait. Et rater le second, pour tenter un rebond offensif. Ce qui ne fut pas le cas. Dieu sait si Parker l'inscrit volontairement. Les Ukrainiens, eux, pouvaient faire leur bonheur de leur dernier petit point d'avance (78-77). Quelle fin étrange...














 Statistiques et classement




