EN TRISTE HABITUÉE
Par Xavier COLOMBANI, Ã Limoges

SUR LE MÊME SUJET
 Michel Gomez assume
 Parker «Dur à avaler»
 Statistiques et classement
 Les équipes qualifiées
 Repêchage : mode d'emploi
 Tout sur les qualifs
 Les Bleues à l'EuroComme en 2003 et en 2007
L'équipe d'Israël est la spécialiste des qualifications arrachées miraculeusement et les Bleus ont la salle habitude de terminer à la place du c.... Ils étaient faits pour s'entraider. Les quatre vainqueurs de groupe (Grande-Bretagne, Macédoine, Serbie, Turquie) ont obtenu leur billet pour la Pologne, accompagnés par les trois meilleurs seconds (Bulgarie, Israël, Lettonie). La France est la seule deuxième équipe forcée de passer par les repêchages. Pourtant, elle avait l'avantage sur Israël samedi matin et son destin dans ses mains. Tout a été retourné lors d'une soirée dramatique, les Israéliens obtenant leur billet en explosant la République tchèque (98-61), qui l'avait pourtant écrasée lors du match aller (91-70). Les Bleus seraient passés en cas de victoire. Ils ont perdu. C'est presque logique, du moins chronologique : en 2003, pour aller aux Jeux Olympiques d'Athènes, il fallait finir troisième de l'Euro. Les Bleus s'étaient classés quatrièmes. En 2007, pour rester dans la course à Pékin, une place dans les sept était demandée et fatalement, la France avait échoué à la huitième place. Exemples parmi d'autres.
Le propre de ces sorties de route est qu'elles préservent souvent le plus longtemps possible l'espoir de se rétablir, en vain. Normalement, ce sont les Bleus qui arrivent en tête au début du quatrième quart-temps, comme face à la Slovénie il y a un an, et les adversaires qui les dépassent. Là , ce fut un peu différent. Les Tricolores ont vite pris l'ascendant (29-20, 14e) et se sont écroulés dès le début de la seconde mi-temps, encaissant un 10-0 en moins de deux minutes (35-40, 22e). La peur est née dès ce moment là . Pourtant, l'équipe de France avait un grand Tony Parker, qui marquait d'ailleurs neuf points consécutifs pour reprendre l'avantage (44-43, 25e). TP a atteint un niveau ahurissant ce samedi, battant d'une unité son record en sélection (37 points), avec notamment un chef d'oeuvre en fin de match : alors que les Turcs menaient de sept points à moins de deux minutes de la fin (67-74), Parker a inscrit deux tirs à trois points d'affilée pour revenir dans le sillage des Turcs à l'entrée dans la dernière minute.
«Tous les derniers ballons devaient revenir à Tony »
Le problème est qu'avec un Parker à ce niveau là , il n'aurait pas du être nécessaire de devoir cravacher autant en fin de rencontre. Las, «on a vu qu'un seul homme», a regretté le DTN Jean-Pierre de Vincenzi. Les autres se sont tout simplement échinés à tirer à trois points (35 tentés), notamment dans les deux derniers quarts-temps, alors que le cercle les repoussait tous ou presque (9 réussis). «On est en dessous de notre pourcentage habituel dans ce secteur», a regretté Michel Gomez, le sélectionneur tricolore. Ce n'aurait pas été si grave si, en dehors de Parker, il y avait eu d'autres armes que ces flèches lointaines alors que les Turcs, pourtant privés de Hidayet Turkoglu, reparti à Orlando une fois la qualification obtenue, n'ont jamais arrêté de nourrir leurs intérieurs. Le lourd Fatih Solak (16 points), tout sauf un poète, s'est régalé, déréglant la défense tricolore qui ne savait plus si elle devait privilégier la défense sur les tirs de loin, ce qui a semblé être leur stratégie. Résultat, pas un «stop» défensif et les efforts de Parker pour revenir au score étaient dilués dans un match qui échappait affreusement aux Français.
Mais TP, donc, a réussi à ramener le bateau bleu près du port. Et la rive était en vue à quelques secondes de la fin, comme un miracle, quand les Bleus sont revenus à -1 (79-80). La suite est décrite par Tony Parker : «J'ai deux joueurs sur moi. J'ai fait une action de basket en passant à Nando (De Colo), qui a vu "Yak" seul. C'était un tir ouvert donc c'était un bon tir.» Oui mais il a été manqué à six secondes de la fin, sans le rebond. Le cauchemar. «Tous les derniers ballons devaient passer par Tony et lui revenir. Peut-être qu'une confiance s'est installée chez Yak mais j'avais demandé à ce que les ballons passent par Tony..., a lâché Michel Gomez. Sept mois de préparation, deux mois de travail avec les garçons. On finit à la plus mauvaise place. C'est encore une fois une interrogation mystérieuse du basket.» «La France n'est pas aussi forte qu'on ne le croit», affirme JPDV. Elle aura l'occasion de le vérifier avec cinq autres équipe, du 5 au 30 août 2009, lors du tournoi de repêchage. Et si Parker et compagnie voient les JO en 2012, comme ils en rêvent, il pourront dire qu'ils reviennent des tréfonds.



















