LES BLEUS À UN CONTRE CINQ
Par Xavier COLOMBANI

Parker et le néant
Mais où est passé Nando De Colo, phénoménal lors du premier match face à la Belgique ? Et Ronny Turiaf, tout en hargne efficace au début du deuxième, face à l'Ukraine ? Et Yakhouba Diawara, dont le réveil était attendu lors du troisième, à l'occasion d'un duel fondamental face à Hidayet Turkoglu ? Ces trois là ont été les premiers marqueurs français ce mercredi. Turiaf avec un lancer franc et un trois points, sa nouvelle spécialité. Suivi de De Colo en lay up (double pas), puis du "Yak" dans un jeu en post up prometteur. Les Bleus étaient à égalité avec les Turcs (8-8, 4e), le jeu équilibré et un double pas de Parker mettait même la France en tête. Et "TP", débarqué cinq heures plus tôt à l'aéroport d'Istanbul en provenance de Paris, d'enchaîner avec un trois points, puis un lay up, puis deux lancers francs, puis un lay up... Et le reste de l'équipe a rapetissé. Alors quand est sorti le «petit magicien», comme l'appelle l'entraîneur belge Eddy Casteels, on a vu le néant à la place.
En début de deuxième quart-temps, Tariq Kirksay a mis son premier trois points des qualifs (l'équipe de France pointait alors à 3/4 dans cet exercice contre... 6/22 au final), Diawara deux lancers francs, puis les Bleus sont restés sans marquer pendant cinq minutes et demi, encaissant un 15-0 dans l'intervalle (24-36, 17e). Cette «Parker dépendance», une expression qui énervait Ronny Turiaf quand on l'interrogeait avant le premier match, a empli l'espace, faisant tomber l'équipe de France dans une stérilité abyssale. Alors TP est revenu. De Colo et Kirksay ont marqué. Puis Parker a inscrit un lay up, puis un autre, puis un trois points au buzzer de la mi-temps et les Bleus ont recollé à trois points des Turcs (35-38). Mais il y avait quelque chose de faussé : deux passes décisives pour neuf balles perdues après deux périodes. «Quand je donne ma confiance, il faut me la rendre», avait râlé Michel Gomez. Place à la défiance.
«Tony n'est pas le cerise, il est le gâteau»
Dans le troisième quart-temps, il fallut attendre trois minutes et sept secondes pour que la France marque. Un lay up de Tony Parker. Le jeu des Bleus était cassé, ce qui apparaissait comme le nez au milieu de la figure avec un 10-0 de la Turquie entre les 25e et 30e minutes (41-56, 30e), une série close par un rebond offensif dunké par Claude Marquis après un lay up manqué de... Tony Parker. Hormis un vague rapprochement (53-65 après un 6-0, 36e), le reste ne fut qu'incapacité totale à fermer le verrou défensif quand il n'y avait plus le choix et à trouver des solutions sur la défense de zone, avec des erreurs de poussins, une passe en touche de Diawara par ci, une balle perdue sur une remontée de balle par De Colo avant la ligne médiane par là . Ajoutez-y le souvenir de deux air-balls de Kirksay et Diawara dans le deuxième quart et l'impression laissée ne peut être qu'inquiétante.
Pourtant, rien n'est perdu. Trois victoires consécutives sont un défi accessible avec un dernier déplacement en Belgique, samedi, puis deux matches à domicile la semaine prochaine. Elles offriraient probablement l'une des trois meilleures places de deuxième (sur quatre groupes). Mais les Bleus n'ont aucune assurance, que ce soit sur leur jeu, leur capacité à impressionner l'adversaire, leur possibilité de jouer ensemble. Ils sont censés être toujours meilleurs au pied du mur, reste que l'impression donnée est celle que le remède est pire que le mal, que le retour de Parker a inhibé tout le monde. «Tony n'est pas la cerise sur le gâteau, mais c'est le gâteau. Il faut que ça change», a demandé Michel Gomez. «On a essayé de plus impliquer les autres joueurs pendant le troisième quart-temps mais on a mangé trop de shoots», a précisé Parker.














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