L'ESPOIR PRÉSERVÉ
Par Xavier COLOMBANI

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Il existe des meilleurs moments pour apprendre à jouer sans Tony Parker que dans la dernière minute d'un match crucial à l'extérieur. C'est ce qu'a dû faire l'équipe de France samedi au Spiroudome de Charleroi, quand TP a commis sa cinquième faute sur Dimitri Lauwers, lequel n'a pas flanché au moment d'inscrire ses trois lancers francs pour rapprocher dangeureusement la Belgique (66-61). Mais aussi volontaire soit elle, l'équipe d'Eddy Casteels n'avait pas les armes pour retourner la situation, d'autant qu'elle avait elle même perdu pour cinq fautes son meilleur marqueur des qualifications, l'intérieur Christophe Beghin, dès la 34e minute. Plus globalement, si les Belges y ont cru aussi longtemps, malgré un début de quatrième quart-temps impossible (trois points inscrits entre les 31e et 37e minutes), ils le doivent, hormis quelques coups de chaud de Lauwers (18 points mais à 3/10), avant tout au comportement sinusoïdal des Bleus.
Car avant de savoir jouer sans Tony Parker, les Bleus version 2008 en sont toujours à apprendre à jouer avec Tony Parker. Et là , il y a du mieux, enfin par moments, ce qui n'était pas difficile par rapport au match contre la Turquie. Cette fois, "TP" était présent aux entraînements entre les deux rencontres et les progrès furent visibles. Et même très rapidement puisque les Bleus avaient demandé à travailler l'attaque des défenses de zone et que le premier panier du match, un trois points de Parker, fût justement marqué sur une zone avec une circulation de balle de Turiaf (en dessous) vers Giffa (au poste, titulaire pour son premier match de qualifs), de Giffa vers De Colo, de De Colo vers Parker. Les Bleus étaient appliqués, concentrés, ce qui leur a permis de réussir une nouvelle fois leur premier quart-temps (16-8, 9e).
Brun : «On était dos au mur»
Mais comme d'habitude, cela manquait de continuité, surtout au fil des rotations. Les Belges recollaient (18-15) et il fallait un excellent passage de Stephen Brun (10 points à la mi-temps) pour reprendre de l'air (29-22). A un effort offensif (38-30, 22e) succédait encore souvent un trou défensif (38-36, 23e), avec parfois une naïveté confondante. Et certains chiffres offensifs, toujours les mêmes (15 lancers francs ratés, 5 passes décisives seulement), font encore mal à lire. Il y en a cependant deux qui rassurent : celui des balles perdues (11), en net recul, et celui des joueurs à plus de dix points, trois avec Parker (18), De Colo (15) et Brun (14). «On était dos au mur, a rappelé ce dernier au micro de Sport+. Il fallait absolument gagner et nous racheter de notre piètre prestation. Il fallait aussi apporter du soutien à Tony et là c'était beaucoup mieux.»
Reste désormais à savoir si à la montée progressive des périls, les Ukrainiens semblant supérieurs aux Belges, et les Turcs supérieurs aux Ukrainiens, correspondra une montée en puissance similaire de l'équipe de France. Il reste une grande fragilité dans le jeu collectif des Bleus mais l'envie - de gagner, de progresser - est là , impeccable, et certaines options pourraient faire du bien dans les deux derniers matches. Comme celle de faire monter plus la balle à De Colo, comme en fin de match. «C'est un essai que je voulais faire et ça a été payant», a apprécié Michel Gomez. Et le retour à la maison fera forcément du bien. «Il faudra absolument prendre (battre) l'Ukraine, clame Stephen Brun. Là , c'était la Belgique, mais il faudra refaire ça contre des nations supérieures. On a une grosse revanche à prendre contre (les Ukrainiens) car on aurait déjà dû gagner là -bas.» Une victoire mercredi au Mans offrirait d'ailleurs définitivement la deuxième place aux Français.



















